Inclu ou inclus : comment bien écrire le participe passé

Culture

On écrit « inclus », avec un s final, lorsque le mot est le participe passé masculin du verbe inclure ; « inclu » est une faute. Cette distinction se vérifie dans un devis, un message professionnel ou une annonce de spectacle : le s ne s’entend pas, mais il reste indispensable à l’écrit. Pour ne plus hésiter, nous pouvons retenir ces repères :

  • inclus au masculin, au singulier comme au pluriel ;
  • incluse au féminin singulier et incluses au féminin pluriel ;
  • inclut correspond au présent avec « il » ou « elle », et non au participe passé.

La confusion vient souvent de verbes proches, comme conclure et exclure, dont les participes passés sont « conclu » et « exclu ». En observant la phrase et le nom auquel le mot se rapporte, nous choisissons pourtant la bonne forme sans nous fier à l’oreille. Voici les règles, les cas d’accord et les astuces qui permettent de les appliquer avec assurance.

Écrire inclus avec un s

Le participe passé du verbe inclure s’écrit « inclus » au masculin, qu’il soit au singulier ou au pluriel. Nous écrivons donc « le repas est inclus » comme « les repas sont inclus ». La terminaison ne change pas au masculin pluriel : c’est l’article ou le nom qui signale le nombre, tandis que le participe conserve sa forme.

La forme « inclu », sans s, n’est pas la graphie correcte de ce participe passé. L’erreur paraît naturelle, car elle suit un modèle familier : nous écrivons « conclu » pour conclure et « exclu » pour exclure. Ces verbes appartiennent à la même famille de sens, mais leur participe passé ne se construit pas de manière identique. La ressemblance ne suffit donc pas à appliquer la même terminaison.

Un moyen mnémotechnique consiste à rapprocher « inclus » du nom inclusion. Le s que l’on voit dans « inclus » se retrouve dans la famille du mot. L’histoire du terme confirme ce repère : « inclus » vient du latin inclusus, participe passé de includere, qui signifiait notamment enfermer ou contenir. La consonne finale n’est donc pas un ajout décoratif.

Dans un contexte pratique, nous pouvons tester la phrase avec un synonyme. Si « compris » convient, le sens de « inclus » est probablement celui qui s’impose : « Le petit-déjeuner est compris dans le tarif » signifie qu’il fait partie de l’offre. Ce remplacement ne dispense pas de vérifier l’accord, mais il aide à repérer la fonction du mot. Une salle qui annonce « entrée incluse » indique, de la même façon, que l’accès fait partie de la formule.

Pour une billetterie de festival, la nuance peut concerner une prestation très concrète : « Le vestiaire est inclus dans le billet » signifie qu’il est compris dans le prix, tandis que « le vestiaire inclut un service de consigne » emploie le verbe au présent. Dans la première phrase, « inclus » décrit une prestation ; dans la seconde, « inclut » indique une action accomplie par le vestiaire. Ce contraste permet déjà de distinguer inclus ou inclut.

Les usages numériques ne changent pas la règle. Dans une page de réservation, un courriel de production ou un contrat de location, nous écrivons « matériel inclus », et non « matériel inclu ». La correction reste la même dans une phrase brève, une légende ou un tableau de tarifs : le participe passé masculin garde son s. C’est un détail discret, mais il rend un document immédiatement plus soigné.

Pour retenir la graphie, nous pouvons associer le s à la famille d’« inclusion », puis nous demander si le mot décrit quelque chose de compris dans un ensemble. Cette double vérification évite de transposer mécaniquement les formes de « conclure » et d’« exclure ».

Accorder inclus au féminin

Lorsque « inclus » qualifie un nom, il fonctionne comme un adjectif et s’accorde avec ce nom. Au masculin singulier, nous écrivons « le petit-déjeuner inclus » ; au masculin pluriel, « les petits-déjeuners inclus ». La forme visible reste identique, mais le groupe nominal, lui, passe bien du singulier au pluriel.

Au féminin singulier, la graphie correcte est incluse, avec un s suivi d’un e. Nous écrivons ainsi « la garantie est incluse dans le forfait » ou « une place incluse dans l’abonnement ». Au féminin pluriel, nous ajoutons la marque du pluriel : « les options incluses », « les boissons incluses ». La forme « inclue » sans s est à éviter dans cet emploi.

Un tableau aide à fixer les quatre formes courantes :

Genre et nombre Forme correcte Exemple
Masculin singulier inclus Le déjeuner est inclus dans le tarif.
Féminin singulier incluse La visite est incluse dans le billet.
Masculin pluriel inclus Les frais sont inclus dans le devis.
Féminin pluriel incluses Les options sont incluses dans la formule.

La méthode la plus sûre consiste à repérer le nom concerné avant de choisir la terminaison. Dans « la taxe est incluse », le participe se rapporte à « taxe », féminin singulier. Dans « les frais sont inclus », il se rapporte à « frais », masculin pluriel. Le mot peut être séparé du nom par d’autres éléments : « une assurance complémentaire, incluse sans supplément, couvre le matériel ». L’accord porte toujours sur le nom auquel il se rattache.

Dans un programme culturel, nous pouvons rencontrer des formulations telles que « une rencontre avec l’artiste incluse dans le pass » ou « des ateliers inclus dans l’offre ». Le sens reste celui d’un élément ajouté à un ensemble. Le genre du nom « rencontre » commande la forme « incluse », tandis que « ateliers » appelle « inclus ». En cas de doute, remplacer le nom par un autre dont le genre est évident peut rendre l’accord plus facile à entendre.

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Attention à ne pas confondre le féminin du participe passé avec celui du verbe au présent. On écrit « cette formule inclut une visite » : le sujet « formule » accomplit l’action, et le verbe est à la troisième personne du singulier. En revanche, « cette visite est incluse dans la formule » présente la visite comme un élément compris dans l’offre. Le sujet, la construction et le sens guident donc le choix.

Pour vérifier l’accord, nous pouvons poser une question simple : quel nom est qualifié ? Une fois ce nom identifié, son genre et son nombre déterminent la terminaison. C’est cette démarche, davantage que la mémorisation isolée des mots, qui rend la règle d’accord durable.

Choisir entre inclus et inclut

La différence entre « inclus » et « inclut » dépend d’abord de la fonction grammaticale. « Inclus » peut être le participe passé du verbe inclure ou un adjectif. « Inclut », avec un t, est le présent de l’indicatif à la troisième personne du singulier : « il inclut », « elle inclut », « le forfait inclut ». Nous ne choisissons donc pas la lettre finale au hasard ; nous identifions le rôle du mot dans la phrase.

Comparez ces deux exemples : « Le billet inclut une boisson » et « La boisson est incluse dans le billet ». Dans la première phrase, le sujet « billet » réalise l’action d’inclure ; le verbe est au présent et prend un t. Dans la seconde, la boisson est présentée comme comprise dans le prix ; « incluse » est un participe passé employé avec l’auxiliaire être et s’accorde avec le sujet féminin singulier.

La conjugaison française fournit un autre repère. Au présent, on écrit « j’inclus », « tu inclus », mais « il inclut ». À l’infinitif, c’est « inclure » ; au participe passé masculin, « inclus ». Ces formes se ressemblent, ce qui explique l’hésitation, mais leur place dans la phrase les distingue. Si un sujet fait l’action, nous pouvons souvent reformuler avec « contient » : « Le forfait contient une boisson ». Si l’on décrit une prestation comprise, « comprise » peut remplacer « incluse ».

Le verbe inclure se conjugue aux temps composés avec l’auxiliaire avoir : « nous avons inclus », « elle avait inclus », « ils auront inclus ». Dans une phrase active, nous ne conjuguons donc pas ce verbe avec l’auxiliaire être. On peut pourtant trouver « être » dans une phrase passive : « Les frais sont inclus dans le prix ». Ici, le groupe « sont inclus » forme une construction passive et s’accorde avec le sujet « frais ».

Avec l’auxiliaire avoir, l’accord dépend du complément d’objet direct. La règle générale veut que le participe passé ne s’accorde pas avec un COD placé après le verbe : « Nous avons inclus les boissons dans le prix ». En revanche, si le COD est placé avant, le participe s’accorde avec lui : « Les boissons que nous avons incluses dans le prix sont sans alcool ». Le pronom relatif « que » reprend « les boissons », féminin pluriel, et commande la terminaison « incluses ».

Cette règle peut se retrouver dans un contrat de prestation : « Les frais que le devis a inclus sont détaillés à la page suivante. » Le COD « que » reprend ici « frais », masculin pluriel ; la forme reste « inclus ». À l’inverse, dans « les options que l’organisateur a incluses », le COD antéposé « options » est féminin pluriel. Ce n’est pas le mot le plus proche qui commande l’accord, mais bien le complément direct repris par le pronom.

Pour contrôler une phrase, nous pouvons suivre trois étapes : identifier le verbe, repérer son auxiliaire, puis chercher le COD et sa place. Ce parcours distingue clairement « inclut » au présent, « inclus » après avoir sans COD antéposé, et les formes accordées lorsque la règle l’exige.

Cette distinction est utile bien au-delà des exercices scolaires. Dans un descriptif de concert, « le billet inclut l’accès aux navettes » présente une prestation comme sujet de l’action ; « l’accès aux navettes est inclus » la décrit comme une composante du billet. Une seule consonne transforme ainsi la fonction grammaticale de la phrase.

Employer ci-inclus et dates

La locution « ci-inclus » suit des usages particuliers. Elle signifie que l’élément mentionné se trouve joint ou ajouté au document. Son accord dépend de sa place dans la phrase et de la construction retenue : il faut donc observer le nom auquel elle se rapporte plutôt que lui appliquer automatiquement la règle d’un adjectif ordinaire.

Placée au début de la phrase, ou devant un nom sans déterminant, la locution reste généralement invariable : « Ci-inclus les pièces demandées » ; « Vous trouverez ci-inclus copie du contrat ». Dans ces exemples, « ci-inclus » annonce les éléments transmis, sans se comporter comme un adjectif directement accordé avec un nom déterminé. Cette tournure se rencontre surtout dans les courriers administratifs et professionnels.

Après le nom, l’accord est plus facile à observer : « le document ci-inclus », « les factures ci-incluses ». Le nom précède la locution et lui fournit son genre et son nombre. Dans un courrier adressé à une association, nous pouvons écrire « Vous trouverez les autorisations ci-incluses » : « autorisations » est féminin pluriel, d’où le e et le s finaux. Dans un message plus direct, « Ci-inclus les autorisations » conserve la forme invariable dans cette position initiale.

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Le contexte aide aussi à choisir une formulation moins administrative. « Vous trouverez en pièce jointe les documents demandés » évite la difficulté et reste parfaitement clair. Ce choix n’est pas une manière de contourner l’orthographe : c’est une option de style, utile quand la phrase doit être immédiatement accessible à tous les lecteurs. Dans un échange avec un prestataire ou un artiste, la simplicité peut même rendre la demande plus chaleureuse.

Avec une période ou une date limite, « inclus » joue souvent un rôle adverbial et demeure invariable. Nous écrivons « du lundi au mercredi inclus » et « absence jusqu’au vendredi 15 inclus ». Dans « jusqu’au 31 inclus », le mot précise que le dernier jour fait partie de la période. Il ne qualifie pas un nom féminin ou masculin comme le ferait un adjectif, ce qui explique l’absence d’accord.

Imaginons une équipe qui réserve une salle du 12 au 15 septembre inclus. La réservation couvre les quatre journées mentionnées, y compris le 15. La forme reste « inclus », même si l’on reformule « de la première répétition jusqu’au dimanche inclus » : la présence du nom féminin « répétition » à proximité ne commande pas l’accord. C’est le sens de la période qui prévaut.

Nous pouvons rapprocher cette précision d’autres repères typographiques rencontrés dans les documents, comme le signe supérieur et son emploi. Dans les deux cas, une petite marque visuelle donne une information précise : une lettre finale pour l’accord, un symbole pour une relation mathématique. La qualité d’un texte professionnel repose souvent sur l’attention portée à ces détails.

Dans les courriers, le meilleur réflexe consiste à vérifier si « inclus » accompagne directement un nom ou s’il précise une période. Cette observation distingue l’accord adjectival de la locution invariable et évite les corrections mécaniques.

Les formules administratives paraissent parfois plus complexes qu’elles ne le sont. En séparant la position de « ci-inclus » de l’emploi de « inclus » avec une date, nous retrouvons deux situations distinctes, chacune avec son propre repère.

Relire ses textes sans hésiter

Une relecture efficace ne consiste pas à repérer seulement les mots qui « sonnent faux ». Puisque « inclus » et « inclu » se prononcent de la même façon, l’oreille ne peut pas trancher. Nous gagnons à examiner la structure : le mot est-il un participe passé, un adjectif, ou le verbe au présent ? Ce diagnostic grammatical prend quelques secondes et évite de laisser passer une faute dans un devis ou un programme publié.

Dans une première lecture, nous pouvons entourer mentalement chaque forme du verbe inclure. Si le mot accompagne un sujet qui accomplit l’action, nous testons le présent : « Le forfait inclut les boissons ». Si le contenu est présenté comme déjà compris, nous cherchons le participe passé : « Les boissons sont incluses ». Si la phrase contient « avoir », nous repérons ensuite le COD et sa position, comme dans « les boissons que nous avons incluses ».

Les synonymes constituent une deuxième vérification. « Compris », « intégré », « englobé » ou « contenu » peuvent convenir selon le contexte. « Les frais sont compris dans le prix » confirme que « inclus » exprime ici l’idée d’un élément compris dans un ensemble. « La programmation inclut trois groupes locaux » se reformule plutôt avec « comprend » ou « rassemble » : le sujet accomplit une action, ce qui confirme le présent « inclut ».

Une petite grille de relecture peut aider une équipe éditoriale ou une structure culturelle :

  1. Repérer la fonction : verbe au présent, participe passé ou adjectif.
  2. Vérifier le sujet : « il inclut » prend un t au présent.
  3. Contrôler l’accord : « incluse » et « incluses » suivent le nom qualifié.
  4. Avec avoir, chercher le COD : s’il est placé avant, le participe peut s’accorder.
  5. Relire le sens : remplacer par « compris » permet souvent de vérifier l’idée.

Cette méthode se révèle pratique lorsqu’on prépare une offre de festival. « Le pass inclut deux concerts » décrit ce que le pass comprend ; « les rencontres sont incluses dans le pass » met en avant les activités accessibles. Si une phrase devient ambiguë, nous pouvons la réécrire plutôt que d’empiler des mots : « Le pass donne accès à deux concerts et aux rencontres » rend l’information directe.

La transmission de la règle compte aussi. Dans un atelier d’écriture ou une séance de soutien, nous pouvons proposer deux phrases presque identiques, puis demander aux participants d’expliquer le rôle de chaque forme. La démarche est plus utile qu’une dictée de terminaisons isolées, car elle relie l’orthographe française à la construction de la phrase. Pour explorer d’autres ressources d’apprentissage et de services numériques, nous pouvons aussi consulter cette présentation de Touraine e-School et de ses usages.

Les dictionnaires et les ouvrages de référence restent de bons appuis en cas de doute sur une tournure moins courante. Les travaux de spécialistes de l’orthographe, comme Bruno Dewaele, rappellent l’intérêt de comprendre les familles de mots et les mécanismes d’accord plutôt que de retenir des corrections sans explication. Une règle comprise se réutilise plus facilement dans un contexte nouveau.

En pratique, le repère central demeure simple : « inclus » porte toujours un s au masculin lorsqu’il s’agit du participe passé, tandis que « inclut » marque le présent avec « il » ou « elle ». L’accord et la place du COD précisent ensuite la forme à employer, sans laisser l’oreille décider seule.

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